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Interventions

Terria | Et si vos visiteurs restaient un jour de plus ?

27 janv. 2026·Bootcamp « De l'intention à l'action »·Chamonix

  • Concours de pitch · Lauréate
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Cette semaine, j’ai eu la chance de participer à mon premier concours de pitch, et d’y décrocher ma première victoire ! 🥇

Lire le pitch

Le concours s’est tenu à Chamonix, devant les membres fondateurs de la Fondation USMB. Un évènement organisé par SAEM Chamonix Développement, dans le cadre d’un bootcamp entrepreneurial dédié à l’innovation sur le territoire.

Dans ce cadre, j’ai proposé une solution d’IA appliquée au tourisme, pensée autour d’un enjeu concret : allonger la durée de séjour des visiteurs.

Ce projet repose sur une IA décisionnelle capable de proposer des parcours de séjour personnalisés, alignés avec les objectifs de la commune.
À l’issue du parcours, une question clé est posée :
👉 « Et si vous restiez un jour de plus ? »
Un programme d’une journée supplémentaire est alors proposé, permettant aux visiteurs de visualiser ce qu’ils manqueraient en repartant trop tôt.

C’est au fil des trois jours de bootcamp (entre ateliers, échanges et rencontres) que cette idée a pu être affinée et challengée, jusqu’à être présentée lors du concours de pitch. 💡

Sarah Anjou présente Terria devant le jury, micro en main
Chamonix, 27 janvier 2026.
Le trophée du concours : un bloc de chêne gravé « De l’intention… à l’action ».

À noter

Cette retranscription reprend les grandes idées autour desquelles j’ai articulé mon propos, et non le discours prononcé mot pour mot.

Terria : Et si vos visiteurs restaient un jour de plus ? L'IA au service de la stratégie touristique de Chamonix.

Bonjour à toutes et à tous, je m’appelle Sarah Anjou et je vais vous présenter Terria, un projet d’intelligence artificielle au service de la stratégie touristique de Chamonix.

Aujourd’hui, nous allons nous poser une question toute simple : et si vos visiteurs restaient un jour de plus ?

Problème : durée moyenne de séjour, 6,8 jours en France contre 9,2 jours dans le monde. Source : Atout France.

Selon les chiffres d’Atout France repris dans cette présentation, la durée moyenne de séjour s’établit à 6,8 jours en France, contre 9,2 jours à l’échelle internationale. Cet écart de 2,4 jours fait de la durée des séjours un levier à explorer pour les destinations françaises.

Pour un territoire comme Chamonix, l’enjeu consiste à identifier ce qui pourrait donner aux visiteurs une raison de rester davantage. Une prolongation suppose qu’ils aient la possibilité de rester plus longtemps et qu’ils perçoivent l’intérêt d’y consacrer une journée supplémentaire.

Lorsque ces conditions sont réunies, l’allongement des séjours peut générer des retombées économiques pour le territoire. Pour en mesurer le potentiel, regardons ce que représenterait cet écart à l’échelle de la France.

Opportunité : 100 millions de touristes internationaux, 150 € par jour, écart de 2,4 jours, soit 35 milliards d'euros par an.

Pour comprendre l’enjeu économique, on peut faire un calcul simple à l’échelle de la France.

Avec les hypothèses de cette slide (100 millions de touristes internationaux, 150 euros de dépenses par jour et un écart de séjour de 2,4 jours), on obtient un potentiel de plusieurs dizaines de milliards d’euros par an, autour de 35 à 36 milliards.

Il s’agit d’un scénario théorique, qui permet de donner un ordre de grandeur.

Ce qui m’intéresse dans ce calcul, c’est le levier qu’il met en évidence : une partie de la valeur touristique peut venir du temps supplémentaire passé sur place.

Et ce levier devient beaucoup plus concret lorsqu’on le regarde à l’échelle de la vallée de Chamonix.

Impact pour la vallée de Chamonix : 5,85 millions d'euros par hiver, 47 millions d'euros par an.

Prenons une hypothèse très simple : un visiteur sur dix décide de rester une journée supplémentaire, avec une dépense moyenne de 100 euros pour cette journée.

Sur la base des 585 000 touristes indiqués pour l’hiver, cela représenterait 5,85 millions d’euros de dépenses supplémentaires dans la vallée.

En appliquant le même scénario aux 4,7 millions de visiteurs indiqués sur l’année, on arrive à 47 millions d’euros.

Ces montants représentent des retombées potentielles pour l’ensemble du territoire : hébergements, restaurants, commerces, activités et autres services.

Le terrain dira combien de visiteurs prolongent réellement leur séjour. Retenez simplement cet ordre de grandeur : un visiteur sur dix, une seule journée de plus, et ce sont des millions d’euros qui restent dans la vallée.

Impact écologique et territorial : moins de déplacements, réduction de l'empreinte carbone, fréquentation mieux répartie, réduction du surtourisme.

L’intérêt du projet est aussi écologique et territorial.

Si l’on raisonne à volume de nuitées équivalent, des séjours plus longs peuvent permettre d’accueillir moins de visiteurs successifs. Cela peut réduire le nombre de trajets d’arrivée et de départ, et donc l’empreinte carbone associée à ces déplacements.

L’autre enjeu concerne la répartition de la fréquentation.

Lorsque beaucoup de visiteurs se concentrent sur les mêmes lieux, aux mêmes moments, certaines zones subissent une forte pression. En tenant compte des objectifs de la vallée, Terria pourrait proposer des parcours qui valorisent aussi d’autres secteurs et d’autres périodes.

La journée supplémentaire aurait ainsi un double intérêt : enrichir l’expérience du visiteur et contribuer à une fréquentation mieux répartie.

C’est cette articulation entre expérience touristique et stratégie du territoire qui guide le projet.

Comment donner envie aux visiteurs de rester plus longtemps ?

Pour que cela fonctionne, il faut rendre cette journée supplémentaire désirable et concrète.

Quand quelqu’un prévoit trois jours à Chamonix, lui dire simplement « restez plus longtemps » ne suffit pas. Il faut lui montrer ce qu’il pourrait vivre pendant cette journée, et pourquoi cela correspond à ses envies.

C’est ce que je souhaite construire avec Terria : transformer une possibilité abstraite en un programme dans lequel le visiteur puisse se projeter.

Avant de vous montrer comment, je vais vous présenter rapidement les expériences sur lesquelles je m’appuie pour développer ce projet.

L'équipe : Sarah Anjou, Polytech Annecy-Chambéry puis Polytech Nice Sophia, projets LLM Chaining, HelloBible et Orion.

Je suis actuellement en classe préparatoire intégrée à Polytech Annecy-Chambéry, et je prévois de poursuivre en cycle ingénieur, en Sciences Informatiques, à Polytech Nice Sophia en septembre 2026.

En parallèle de mes études, je travaille avec différentes entreprises sur des projets d’intelligence artificielle.

J’ai commencé cette activité avec HelloBible, en mettant en place un système de LLM chaining destiné à automatiser le processus de création vidéo. Cette collaboration se poursuit en 2026.

J’ai également développé Orion, un agent d’IA multimodal destiné à faciliter la communication entre les services d’un site industriel.

Ces expériences m’ont appris à partir d’un besoin, à construire une solution technique et à réfléchir à son usage.

Avec Terria, je souhaite appliquer cette démarche au tourisme, en m’appuyant aussi sur les connaissances et les retours des acteurs du territoire.

Solution : un moteur de recommandation multi-objectifs qui croise objectifs territoriaux et profil visiteur pour proposer un parcours de séjour personnalisé.

Terria repose sur un moteur de recommandation qui croise deux ensembles d’informations.

D’un côté, les objectifs du territoire : mieux répartir les flux dans l’année, limiter la pression sur certaines zones et allonger la durée des séjours.

De l’autre, le profil du visiteur : quand vient-il, pour combien de temps, avec qui, à quel rythme souhaite-t-il découvrir la vallée et quels sont ses centres d’intérêt ?

À partir de ces informations et de l’offre disponible, le moteur propose un parcours de séjour personnalisé.

Prenons l’exemple d’une famille qui prévoit de venir trois jours. Le programme doit tenir compte de l’âge des enfants, du rythme souhaité et des activités qui les intéressent. Il doit aussi rester cohérent avec les priorités du territoire.

Une fois ces trois journées présentées, Terria pose la question centrale : « Et si vous restiez un jour de plus ? »

Le visiteur découvre alors une quatrième journée, elle aussi adaptée à son profil. Par exemple, une promenade accessible au groupe et la découverte d’un secteur qu’il n’avait pas prévu de visiter.

Il visualise alors ce qu’il manquerait en repartant trop tôt.

Cette journée de plus, c’est toute la valeur de Terria : la rencontre entre ce que le visiteur aimerait vivre et ce que le territoire souhaite encourager.

Itération en deux étapes : un LLM en 1 mois, puis une IA décisionnelle en 3 mois.

Pour développer cette solution, je propose une démarche en deux étapes.

La première consiste à réaliser un prototype avec un grand modèle de langage, un LLM, sur un horizon d’environ un mois.

On lui fournit l’inventaire des activités, les objectifs de la vallée et le profil du visiteur, afin de produire une première proposition de séjour. Cela permettrait de tester rapidement l’expérience : le programme est-il pertinent ? La journée supplémentaire donne-t-elle envie de rester ?

La seconde étape, présentée ici sur un horizon de trois mois, consiste à construire le moteur d’intelligence artificielle décisionnelle.

Les informations sont alors traduites en règles et en critères mathématiques. Un moteur d’optimisation recherche un parcours qui respecte les contraintes et concilie les différents objectifs.

L’API REST prévue à cette étape permettrait de rendre ce moteur accessible à d’autres outils numériques.

Cette progression permet de commencer par tester l’usage, puis de développer un système dont les choix puissent être mieux maîtrisés.

Intelligence artificielle décisionnelle : règles, contraintes dures et souples, variables de décision, fonction objectif, moteur d'optimisation.

Concrètement, le moteur part des activités disponibles, des objectifs de la vallée et du profil du visiteur, pour en déduire des règles.

Certaines sont des contraintes dures : une activité indisponible pendant le séjour, ou trop exigeante pour le groupe, est exclue. D’autres sont des contraintes souples : mieux répartir les visites entre les secteurs de la vallée, sous peine de pénalité.

Les variables de décision désignent les activités retenues et leur place dans le séjour. La fonction objectif équilibre la satisfaction du visiteur et les priorités du territoire.

Le moteur d’optimisation cherche alors la meilleure combinaison. Chaque parcours devient un arbitrage explicite entre les envies du visiteur, les possibilités réelles et les enjeux de la vallée.

Merci, Sarah Anjou.

Voilà comment Terria met l’intelligence artificielle au service des objectifs de la vallée, tout en offrant à chaque visiteur un séjour à son image. Et, peut-être, une journée de plus.

Je vous remercie de m’avoir écoutée.

Remerciements

Un grand merci à Kyla MacLean, Francois Thauvin et Evan Malry, pour leur accueil et l’opportunité de vivre une telle expérience, ainsi qu’aux participants avec qui j’ai partagé cette aventure : Jacques Charroy, Valentin Rollant et Gabriel Carro.

Merci aux acteurs du territoire (Cedric Piatek, Hervé Villard et Pauline Monnin) ainsi qu’à Frédéric Khadri pour leurs précieux conseils.

Merci également à Mountain Path pour cette initiation à l’escalade sur cascade de glace, une expérience forte autour du leadership et des soft skills.

Et enfin, merci aux membres du jury pour leurs retours et la richesse des échanges à l’issue du concours. 🙏